Le Père Roland Brunelle (1911-2004)

Père Rolland Brunelle

Né à Joliette, le 29 mai 1911, deuxième d’une famille de cinq garçons, le jeune Rolland débute ses premiers cours de violon vers l’âge de 8 ans, principalement avec M. Octavien Asselin. Cependant, dès 13 ans, il donne des leçons à son premier élève, un garçon de deux ans son aîné. Ce sera le début d’une très longue carrière dans l’enseignement musical.

Au Séminaire de Joliette, il poursuit ses études tout en continuant le violon avec M. Eugène Chartier. Entré au Noviciat des Clercs de St-Viateur en 1933, il y prononce ses voeux le 16 août 1934. Après ses études au Scolasticat, le Père Brunelle retourne au Séminaire, cette fois, comme enseignant. En 1950, il part plusieurs mois en Europe pour y effectuer des études musicales en Italie, en France et en Belgique. Sportif, féru d’horticulture et multi-instrumentistes, son immense talent se reflète dans plusieurs domaines musicaux : chant choral et grégorien, composition, interprétation, direction musicale dont celle de l’Harmonie du Séminaire, et professeur au Camp Musical de Lanaudière.

C’est en 1970 que lui vient l’idée de greffer aux musiciens de la défunte Harmonie du Séminaire, des instrumentistes à cordes : l’Orchestre symphonique des jeunes de Joliette était né. Suite à la demande croissante de jeunes musiciens, l’Orchestre de la Relève suivra quatre ans plus tard, lui-même suivi par les Petits Violons, ensemble renommé plus tard Petits Violons Rolland-Brunelle en l’honneur de ce merveilleux pédagogue. Récipiendaire des Prix du Conseil canadien de la Musique et du Conseil des Arts du Canada en 1983, Chevalier de l’ordre du Québec et Prix « Lescarbot » en 1992, il donnera encore des cours de violon aux tout-petits et suivra de près « ses » trois orchestres jusqu’à son décès, survenu le 18 juin 2004.

Le Père Brunelle aura enseigné la musique à plus de 2000 élèves et plus de 1000 musiciens sont déjà passés par l’une des trois formations de l’Orchestre symphonique des jeunes de Joliette pour parfaire leur apprentissage musical.

Texte : Nathalie Ferland, ancienne musicienne de l’OSJJ

Paul Kaul(1875-1951), Luthier

Paul Kaul était un luthier français établi à Paris. Les plus grands violonistes de l’époque, dont Georges Enesco et Yehudi Menuhin, n’ont pas hésité à abandonner leurs vieux instruments, leurs Stradivarius, leur Amati, pour des violons sortis des mains de cet artisan français. C’est ainsi que Menuhin a enregistré pour Colombia la Cinquième sonate de Jean-Sébastien Bach pour violon seul, qu’il joue sur un Paul Kaul. L’immense Poème de Ernest Chausson a été enregistré par Enesco toujours sur un Paul Kaul.

Un concours d’instruments de lutherie avait lieu à Paris. Toutes les précautions avaient été prises pour que le jugement soit d’une impartialité totale. L’artiste exécutant ignorait sur quel violon il jouait. Ce fut un violon de Kaul qui remporta le prix avec 998 points sur 1000. Stradivarius arriva en deuxième avec 540 points sur 1000. Cette énorme supériorité de Kaul sur ses devanciers les plus illustres se manifesta encore à deux ou trois reprises dans les concours du même genre.

Le violon du père Brunelle porte l’étiquette suivante : « Paul Kaul Paris an 1938 3e époque no 34 ». Les Clercs de St-Viateur en ont fait l’acquisition pour le père Brunelle en 1940 alors que ce dernier débutait sa carrière d’enseignant au Séminaire de Joliette. Le Père Brunelle a conservé ce violon jusqu’à son décès en 2004. C’est avec ce violon qu’il a transmis sa passion pour la musique et qu’il a formé une pléiade de musiciens.

Source : Brunelle, Rolland, Ma vie musicale, 2004